
P
ermettez-moi de revenir une dernière fois sur les festivités de Pentecôte à Gerpinnes.
En effet, la Marche Sainte-Rolende 1999 fut d'un grand cru. Cela n'est pas seulement dû à la présence
princière mais également à l'organisation entière des festivités. Je tiens à en féliciter tous les corps
d'office qui ont mis tout en oeuvre pour que cette manifestation connaisse un succès encore plus grand
que les années précédentes. Je félicite également tous les Marcheurs pour leur tenue irréprochable
de même que pour la discipline librement consentie qu'ils ont respectée tout au long de cette journée mémorable.
Parlons un peu de la visite de son Altesse le Prince Philippe. N'ayant jamais participé à une telle
manifestation, c'est avec émerveillement et un profond respect que celui-ci découvrit notre folklore
et ses traditions. J'ai eu le grand honneur de le recevoir au Musée des Marches de l'Entre Sambre et Meuse.
C'est avec intérêt que le Prince prit part à cette visite, posant de nombreuses questions relatives aux objets
exposés dans le musée. Le prince se rendit ensuite à la tribune d'honneur afin d'assister à la rentrée de la
procession à l'issue de laquelle, sur invitation du bourgemestre, il commanda la dernière décharge d'Hanzinne.
Après cette salve, comme un vrai Marcheur, il accepta la "goutte" que lui présentait la cantinière.
C'est dire que nous n'oublirons pas de sitôt cette Pentecôte 1999.
Il serait injuste de ne pas se rappeler également les festivités du 400éme anniversaire de la châsse Sainte Rolende
et plus particulièrement du "Tour en dix jours". Ces journées furent grandioses et empreintes d'une
solenneité religieuse remarquable. Chaque compagnie dans son propre village avait tenu à rendre
dignement les honneurs à la châsse qui lui était confiée 24 heures. Je me dois également de souligner
le dévouement des membres de la Confrérie Sainte-Rolende qui durant ces dix jours étaient chaque fois présents,
entourant la châsse. Mes félicitations vont enfin aux deux cavaliers qui ont escortés les reliques
de sainte Rolende tout au long de ce tour.
Cette dévotion populaire démontrée lors des festivités du 400éme m'interpelle un peu.
Pourquoi dès lors ne plus la retrouver lors du tour spécial d'octobre ?Je constate, en effet, que d'année
en année on s'écarte dangereusement de l'esprit dans lequel ce tour a été créé.
Il serait, me semble-t-il, bien à propos d'y remettre un peu d'ordre en évitant certaines
déviances qui se sont révélées ces dernières années.
J'y ai rencontré parfois des "joggeurs" plutôt que des pélerins, les tenues vestimentaires de certains
Marcheurs étaient à la limite de la bienséance, j'y ai même remarqué une très jeune fille jouant du tambour.
Ces quelques exemples montrent à souhait que l'on s'est très fort écarté de l'ambiance qui doit régner dans ce
tour qui, je vous le rappelle, est avant tout un pélerinage.
Je crois qu'il serait bon d'y réfléchir de manière à ce que chaque participant puisse dès cette année retrouver
un peu plus d'esprit religieux et de redonner ainsi à cette belle manifestation tout le caractère qu'elle
a perdu au file des années.

Michel Pierard, Président